Tract "Education Nationale"

Publié le par Pavillon Noir


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Assez des négociations, assez des trahisons ?

 

PRENONS NOUS-MÊMES NOS AFFAIRES EN MAIN

      GREVE GENERALE ET DESOBEISSANCE !

 

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !

 

Violence structurelle ! Les « affaires » d’agressions au sein des établissements, que les médias serviles relaient dans leur mission d’abrutissement collectif, dissimulent mal la violence sociale structurelle du capitalisme et de l’Etat contre les classes populaires. La vraie violence, c’est la RGPP (réforme générale des politiques publiques), et l’Etat complice : réduction drastique des budgets et des personnels, précarisation du travail, mise en concurrence des établissements, flicage et répression de la contestation. Le but : tout privatiser, école, transports, poste, hôpitaux… L’ogre capitaliste broie et dévore jusqu’à la moelle les acquis du mouvement ouvrier : lutte, entraide, mutualisation des moyens au sein de services publics de qualité… pour exploiter et asservir de nouveaux champs d’activités humaines.

 

Dans l’éducation, la liste est effrayante. En vrac… 16000 suppressions de postes encore cette année, enseignants et personnels EVS-AVS, surveillants, RASED, COPSY, IUFM et CIO... Du coup, absences non remplacées et tâches multipliées pour les profs : réunions à répétition, nouvelles « missions »… Casse des statuts des travailleurs du secteur public. Mise en miettes de la carte scolaire… et ghettoïsation scolaire. Mise en concurrence et étouffement budgétaire des établissements publics, mais défiscalisation pour les Acaca-domia et autres cours à domicile. Et subventions aux écoles de curetons. Jardins d’éveil au lieu d’écoles maternelles. Classes surchargées. Destruction de la formation professionnelle. Précarisation des étudiants. Pioche dans le vivier des personnels précaires et non-formés. Heures sups en pagaille et introduction du salaire au mérite. Appauvrissement général de l’offre éducative, réformes Chatel et Pécresse. Programmes au rabais, affreusement rétrogrades. Intrusion croissante du patronat dans l’école. Hiérarchies renforcées au détriment de la démocratie interne avec EPEP, conseils pédagogiques... Flicage et triage des élèves : croisement des fichiers, ENT, base-élèves, évaluations nationales, vidéosurveillance, biométrie, intrusions de la flicaille, création des équipes mobiles de sécurité, répressions brutales des mouvements lycéens et étudiants... Flicage aussi des personnels : embauche à la gueule, mobilité forcée, flexibilité, notation, environnement numérique imposé, répression des syndiqué-e-s un peu remuant-e-s…

 

Or, que font les syndicats face à cette boucherie ? en échange d’avantages pourris de « représentativité », les centrales se cantonnent à des « refus » vagues, à la demande de « négociations », et canalisent la colère populaire par des « journées d’action » dispersées qui démoralisent tout le monde, tout en bouffant le caviar à la table des gredins. Tout cela ne fait au mieux, quand les bases (et notamment les lycéens et étudiants eux-mêmes) parviennent à bousculer l’inertie syndicale, que reculer les échéances… mais le plus souvent, les syndicats ne font qu’entériner les reculs. La jaunisse syndicale prétend que c’est la faute au faible taux de syndicalisation , mais… on les comprend les travailleurs, avec des mots d’ordre aussi nuls !

 

Etat et patronat ont toujours été très organisés, eux, pour nous intoxiquer, nous soumettre et nous matraquer. Ce n’est qu’en nous organisant que nous pouvons triompher d’eux. Nul n’ignore que le syndicalisme des origines, développé notamment par le mouvement anarchiste en France et ailleurs (avant d’être récupéré par les autoritaires et réformistes de tout poil), s’est précisément construit sur des postulats anarchistes et révolutionnaires. Sur la grève générale reconductible et expropriatrice ; sur le refus et la désobéissance ; mais aussi sur la libre-association dans les luttes et les alternatives, avec les bourses du travail, les caisses de solidarité ouvrière qui deviendront les mutuelles, les coopératives, l’éducation populaire... C’est ce syndicalisme-là qui a construit le mouvement social, conquis de haute lutte TOUS nos acquis sociaux, celui qui s’est fondé sur la nécessité de nous organiser par nous-mêmes, pour nous débarrasser des parasites patronaux, étatiques et bureaucratiques. Un syndicalisme ayant pour objectif la fin du salariat, patronal ou étatique, comme exploitation du travail au profit du capital. Alors, ici et maintenant, syndiqué-e-s ou non, REVENONS AUX FONDAMENTAUX :

 

- La désobéissance : il ne suffit pas de revendiquer et de râler. Il nous faut désormais riposter sans attendre, ainsi que l’ont compris les 3000 désobéisseurs-ses du primaire. Contre les suppressions de poste et le recul des salaires ? Refus des heures supplémentaires au-delà de la première obligatoire ! Contre la destruction de la formation professionnelle ? Refus du tutorat des stagiaires ! Contre les nouveaux programmes et la baisse

de l’offre éducative ? Refus pédagogique d’appliquer ! Contre la destruction des AVS, COPSY, RASED et pions ? Refus d’endosser de nouvelles tâches d’orientation et de discipline ! Contre le flicage des élèves ? Refus de la note de vie scolaire ! Contre la hiérarchisation et la déresponsabilisation collective ? Refus de siéger aux CA, qui ne décident de rien mais cautionnent la mise en application des réformes, refus de collaborer aux conseils pédagogiques ! Contre la destruction de nos acquis sociaux ? Refus des bureaucraties syndicales et politiques ! Luttons par nous-mêmes, syndiqué-e-s et non-syndiqués.

 

- La grève générale, reconductible et expropriatrice. Car la coordination des désobéissances au travail, si elle permet de résister pied à pied, ne suffit pas à contre-attaquer face à une agression globale. Nous ne pouvons faire l’impasse de renverser ce système pourri. Et comme il n’y a rien à attendre des centrales syndicales : ici et maintenant, syndiqué-e-s ou non, informons-nous, rencontrons les collègues en galère, les élèves et leurs parents, débattons avec les autres salarié-e-s en lutte, constituons des caisses de solidarité. Partout où c’est possible, tissons le réseau, construisons la grève… et reconduisons !

 

A BAS L’ECOLE DES FLICS ET DES PATRONS - NOUS VOULONS UNE AUTRE ECOLE !

 

Nous avons aussi conscience de la nécessité d’inventer une autre école. Pas celle de Jules Ferry, qui devant l’Assemblée justifia son école républicaine obligatoire pour écraser les idées de la commune de Paris, dont il fut un bourreau ! Nous, nous voulons une école qui émancipe l’individu et lui permette de devenir acteur de sa propre vie individuelle et sociale. En cultivant sa curiosité, en l’incitant à régler les conflits collectivement. L’école pourrait, et doit être, au lieu de l’acharnement à briser les consciences qu’elle est aujourd’hui, un cadre d’apprentissage à une vie libre et responsable. Il faut :

 

- défiliariser, décloisonner les enseignements. Non seulement ce cloisonnement est artificiel, mais il est aussi mortellement ennuyeux pour les élèves et pour les profs. Il ne sert aujourd’hui qu’à hiérarchiser les élèves et à subordonner les savoirs concrets aux savoirs abstraits, pour perpétuer une société de classes, d’exploitation capitaliste et d’ « expertise » anti-démocratique. Il faut une école transdisciplinaire, de la libre découverte expérimentale des savoirs et de ses propres capacités intellectuelles.

- en finir avec l’autorité, du chef d’établissement, du prof et du pion, au bénéfice d’un règlement des conflits par le collectif des individus eux-mêmes. En finir avec l’obligation de présence, le flicage permanent. Rien ne remplace le désir de présence, de découverte et le plaisir d’être avec les autres. En finir aussi avec le cloisonnement professeur-élève et la pédagogie frontale, qui impose et rabâche, pour développer un savoir expérimental, créatif, coopératif et dynamique. Une école anti-autoritaire peut se baser sur des conseils d’individus, élèves comme responsables éducatifs. Le savoir peut se construire, y compris sur le mode fédéral, avec échange entre les écoles émancipées. Ces écoles ont existé (de la Ruche à l’école anarchiste Bonaventure) et elles existent encore, avec par exemple les universités populaires.

- en finir avec les notes, qui déresponsabilisent l’individu ; abolissent l’autonomie de sa pensée, de sa parole et de son écriture ; fondent l’enseignement et la construction de l’individu sur les postulats absurdes de la compétition, de la soumission, de la reproduction de tâches et de savoirs prémâchés. Au lieu de l’appuyer sur le désir, la curiosité, la créativité, l’engagement personnel et la coopération. Les notes ne servent qu’au tri social, qu’à justifier un modèle structurel de soumission des « faibles » aux « élites ».

-en finir avec les examens : qui n’ont aucune vertu pédagogique, qui ne font que sanctionner, tenir les élèves par la peur et parasiter le véritable apprentissage autonome tout au long de la vie scolaire. Les économies de temps, d’énergie et d’argent réalisées doivent améliorer les conditions d’enseignement : fonctionnement démocratique direct avec mandats révocables, conseils d’élèves, commissions…

- en finir avec l’âgisme : il est aberrant de ne pouvoir faire de la philo qu’à 17 ans, absurde de ne se voir proposer un enseignement qu’au début de la vie... La précocité est valorisée, le retard stigmatisé, alors que chacun-e devrait pouvoir s’éduquer à son rythme, à tout moment de sa vie, que chacun-e devrait pouvoir apprendre des autres individus, de tout âge et à tout âge.

- en finir avec le « travail » : l’école actuelle impose aux esprits, au lieu de la libre activité humaine, la « valeur travail », comme effort, sacrifice, compétition, préalable indispensable à l’exploitation capitaliste. Elle cultive, par la peur du chômage distillée aux enfants, la soumission au travail aliéné. Il faut au contraire développer des pédagogies actives, alternatives, fondées sur le tâtonnement, la recherche personnelle et la pédagogie coopérative. L’intérêt personnel doit remplacer la valeur travail. L’école ne doit pas avoir de finalité économique ! Eduquer ce n’est pas blinder un cerveau de compétences à vendre pour devenir une « élite républicaine » ou un « manager », c’est émanciper, donner à chacun confiance en sa capacité de penser, d’agir, de coopérer avec les autres et de s’ouvrir à la diversité du monde et des savoirs.

 

Ré-Inventons nos luttes et nos alternatives,

Ré-Inventons l’école,

REAPPROPRIONS-NOUS NOS VIES !

 


Groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86

 

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Publié dans La Rue Grogne

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