Idées reçues sur l'anarchisme
L'anarchie, ce n'est pas un mouvement marginal
L'anarchisme, ou courant « libertaire », est au coeur du mouvement social depuis le XIXème siècle. A la différence des courants marxistes, il affirme que l'on n'obtient pas de véritable changement social en prenant le pouvoir sur la société, mais en abolissant clairement les relations de pouvoir elles-mêmes. L'anarchisme nous invite à réagir et agir par nous-mêmes dans nos vies, dans le respect de la liberté individuelle. Il est en grande partie à l'origine de l'invention des mutuelles, des coopératives, du mouvement associatif, et du syndicalisme ! Mais aussi de la mixité scolaire, de l'antimilitarisme, du féminisme, des alternatives de production et de consommation (AMAP, SCOOP, SEL)... le saviez-vous ?
L'anarchie, ce n'est pas le désordre
L'homme n'est ni bon ni mauvais par nature, il se construit à travers les modes de relations sociales, intimement liées à des choix politiques et économiques. L'anarchie n'est pas l'absence de règles (anomie). Ca, c'est ce que disent les gouvernant-e-s, qui tout en semant le chaos sur la planète, font rimer autorité et société pour faire croire que leur pouvoir est indispensable. En réalité, le pouvoir dépense une énergie considérable pour habituer et contraindre les gens à l’obéissance, depuis l’enfance, au sein de l’école, de l’armée, du travail. Les anarchistes pensent au contraire que ce sont les rapports de pouvoir qui sont un facteur majeur de désordre, de déresponsabilisation, d'injustice et de violence sociale. L'anarchisme prône « l'ordre, moins le pouvoir », c'est-à-dire des modes d'organisation sociale structurés, ET débarrassés de la contrainte et de l'exploitation entre les individus. Il s’agit de favoriser, dans les rapports humains, une responsabilisation individuelle et collective, des relations horizontales, sans hiérarchie, où la liberté de chacun-e va avec l'égalité de tou-te-s. Une réflexion de fond est développée sur la notion de décision démocratique. Selon les anarchistes, elle ne doit pas être le fait de pseudo- « représentant-e-s », car les individus ne sont légitimes à représenter qu’eux-mêmes. La démocratie peut et doit donc être directe, avec des mandaté-e-s révocables, respectant les décisions prises par leurs mandataires et rendant régulièrement compte. La fédération des groupes humains doit être libre. La révolution sociale et libertaire implique une remise en question profonde des choix de société. Il s'agit de construire la désobéissance individuelle et collective face à l'injustice. D'élaborer des alternatives en actes, répondant aux désirs d'autonomie des individus face au saccage social et environnemental. De participer au développement d'un mouvement social d'ampleur ayant pour moyen et finalité la reprise en main, par les gens eux-mêmes, des moyens de production, d'échange et de distribution, sans intermédiaires.
L'anarchie, ce n'est pas la violence
L'anarchisme naît de la réponse qu'élaborent les gens par eux-mêmes face à des situations concrètes d'oppression, de façon pragmatique. L'anarchisme ne pense ni centralisme ni dogme, il mûrit dans le fédéralisme des réflexions et des expériences diverses. Avec cynisme, le pouvoir cherche pourtant à discréditer l'anarchisme en assimilant à de la « violence » ses analyses et ses luttes. Quelle tartufferie ! Le courant anarchiste est sans conteste le courant politique historiquement le moins « violent ». Il nie toute légitimité de l'état, du capitalisme, du patriarcat, des clergés, des dogmes quels qu’ils soient, à contrôler, contraindre, exploiter les gens et les déposséder de leur propre vie. Les anarchistes affirment le droit des individus opprimés à résister contre la violence institutionnelle qui se perpètre contre eux et leurs semblables, à conquérir leurs libertés ici et maintenant. Faut-il rappeler que les « acquis sociaux » n'ont été concédés par les pouvoirs à nos anciens, qu'à l'issue de luttes sociales d'ampleur ?
L'anarchie, ce n'est pas une utopie
L'anarchisme est souvent peu médiatisé, du fait d'un refus cohérent des anarchistes de participer aux élections représentatives et au matraquage médiatique - sans parler de la censure et des mensonges du pouvoir à son encontre. Néanmoins, malgré la répression souvent sanglante menée par les états contre elles (ex : commune de Paris, révolution libertaire espagnole), de nombreuses expériences collectives et structurées d'autonomie sociale, à plus ou moins grande échelle, ont existé et existent encore jusqu'à nos jours. Entreprises autogérées en Argentine, mouvements autogestionnaires du Mexique (Chiapas, Oaxaca), mouvements révolutionnaires du Maghreb et du Machrek, mobilisations diverses, camps autogérés... elles démontrent que l'anarchisme n'est non seulement pas une utopie, mais un mode réaliste, pragmatique, efficace et épanouissant d'organisation sociale, répondant aux besoins réels. Partout où règne l'oppression, peut aussi s'affirmer l'espoir et l'évidence d'une auto-organisation des gens en lutte, sans intermédiaires, pour une vie digne et responsable.
L’anarchie, c’est possible
...à nous de l’inventer ensemble !
groupe Pavillon Noir
Fédération anarchiste de la Vienne
pavillon-noir [arrobase] federation-anarchiste [point] org